| Que
Choisir estime que « faire du patient l'éternel coupable [du trou de la Sécu] en
multipliant les franchises médicales, les déremboursements et autres pénalités ne
réglera pas le déficit. Sans nier que l'usager puisse avoir une part de responsabilité,
l'UFC-Que Choisir entend contribuer au débat en se penchant sur la politique du
médicament telle que la France la pratique ». Le magazine se penche ainsi sur « une
aberration économique préjudiciable à l'équilibre des comptes doublée d'une mise en
danger de la santé des patients ».
La revue livre son étude, qui « porte sur l'évolution, de 2002 à 2006, des
dépenses consacrées à 4 classes thérapeutiques représentant plus de 2 milliards de
prescriptions de ville » : les IPP (inhibiteurs de la pompe à protons), les traitements
contre l'hypertension artérielle agissant sur le système rénine-angiotensive, les
anti-inflammatoires non stéroïdiens, et les médicaments contre l'hypertension en
seconde intention.
Que Choisir parle de « médecins influençables », de « visiteurs médicaux [qui] se
sont montrés efficaces » et de « médecins [qui] ont fait preuve de complaisance ».
Le magazine indique qu« à partir de l'analyse des prescriptions dans seulement 4
classes thérapeutiques qui pèsent pour 13 % des médicaments prescrits en ville, c'est
au bas mot un surcoût de 650 millions d'euros qu'a supporté la collectivité entre 2002
et 2006 du fait d'une politique du médicament incohérente ».
« Faut-il s'étonner que les prescriptions de nouveaux produits, toujours plus chers
sans être forcément plus efficaces, explosent dès lors que la formation des médecins
est assurée à 90 % par l'industrie pharmaceutique ? », sinterroge Que Choisir.
Le mensuel ajoute qu« avant de demander aux assurés de nouveaux efforts
financiers, peut-on espérer que les pouvoirs publics prennent enfin les mesures
opportunes pour que l'usager ne soit pas le seul pénalisé ».
"Libération" se penche également sur cette étude de lassociation de
consommateurs, qui « dénonce des «prescriptions irrationnelles» et lattitude des
labos ». Le journal relève que « devant ces attaques frontales, le syndicat Les
Entreprises du médicament a réagi aussitôt, rappelant «que cest une commission
dexperts indépendants, la Commission de la transparence, qui apprécie
lamélioration du service médical rendu» ».
« Certes, mais la commission na pas les moyens de faire des contre-expertises. Et
en face, le bulldozer marketing est impressionnant », poursuit Libération.
"Les Echos" abordent aussi ce « gâchis de 650 millions d'euros en 5 ans
pour la Sécurité sociale ».
"Le Monde" note que « pour tenter de "rééquilibrer les sources
d'information" des médecins, l'UFC propose de créer un corps de 1 700 visiteurs
médicaux "indépendants", sous la responsabilité de la Haute autorité de
santé ». ... Et Le Figaro économie remarque que « lassociation de consommateurs
a «oublié» de relever le rôle clé des patients dans ces dérives ». |