| Appel à la Solidarité au Burkina Faso |
| contre la répression des libertés syndicales par le groupe
français Total |
| Au Burkina Faso, pays dans lequel Total est implanté, par le
biais dune filiale qui emploie une centaine de personnes, un syndicat, la CGT-B,
dénonce depuis avril dernier la violation de sa liberté syndicale par la direction de la
branche burkinabé. Il réclame la réintégration de lun de ses délégués du
personnel, injustement licencié pour avoir réclamé de meilleures conditions de travail
et de rémunération. |
Cyber @ction 334 Burkina Faso Total doit respecter ses engagements
Pour participer 1 simple CLIC ICI suffit
http://www.cyberacteurs.org/actions/lettre_rapide.php?id=460
Total, lune des plus grosses entreprises du monde, et la première entreprise en
France, a pourtant adopté des principes « éthiques », à travers un code de conduite,
supposé sappliquer à tous ses collaborateurs, partout dans le monde. Parmi ces
engagements, figure notamment celui de respecter et garantir le dialogue social, parce
que, selon Total, « les salariés et leurs représentants doivent avoir une place et un
rôle privilégié dans lentreprise »
Envoyez un message de protestation à Total,
COMMENT AGIR ?
Sur le site
Cette cyber @ction est signable en ligne
http://www.cyberacteurs.org/actions/action.php?id=460
Par courrier électronique
C'EST FACILE : A VOUS DE SUIVRE LES 6 ETAPES SUIVANTES :
1- Copiez LE TEXTE À ENVOYER ci-dessous entre les ############
2- Ouvrez un nouveau message et collez le texte
3- Signez le : prénom, nom, adresse, ville
4- Rajouter l'objet de votre choix : Total doit respecter ses engagements
5- Adressez votre message aux adresses suivantes :
cyberacteurs@wanadoo.fr
Christophe.DE-MARGERIE@total.com
Vérifiez que les adresses apparaissent bien
6- Envoyez le message
Par cette action, vous ferez connaître votre opinion au PDG de Total et à Cyber @cteurs
pour nous permettre d'évaluer l'impact de cette action.
############
Prénom, Nom
Profession :
Adresse :
code postal Localité :
M. de Margerie,
Jai été informé/e par Peuples Solidaires et la CGT du conflit social qui oppose
la direction de votre filiale burkinabè Total Burkina SA, au syndicat CGT-B.
Daprès ce dernier, le porte-parole des délégués du personnel, Yacouba Ouedraogo,
aurait été licencié pour avoir organisé un sit-in le 27 mars dernier, en signe de
protestation contre le refus de Total Burkina de répondre aux demandes légitimes du
syndicat relatives notamment aux salaires des employés. Une récente décision du
ministère du Travail burkinabè a dailleurs infirmé la décision
dautorisation de licenciement donnée par la direction régionale du Travail, et la
justice burkinabè a demandé la réintégration de Mr Ouedraogo. Je suis extrêmement
préoccupé/e par ce licenciement qui met en péril la liberté syndicale des employés de
votre branche burkinabè, et vous exhorte à intervenir auprès de votre filiale Total
Burkina SA pour quelle :
- réintègre immédiatement Yacouba Ouédraogo ;
- garantisse le respect de la liberté syndicale à ses employés.
Je vous prie dagréer, Monsieur, mes salutations distinguées
Signature
############
Texte complet de l'Appel
« Notre croissance et notre pérennité ne peuvent se concevoir sans le partage dun
patrimoine de valeurs éthiques et de principes qui doivent inspirer et guider au
quotidien laction de toutes les femmes et de tous les hommes du Groupe ». Tels sont
les mots employés par Christophe de Margerie, PDG de lune des plus grosses
entreprises du monde, et de la première entreprise en France: Total.
Il est vrai quavec près de 180 milliards de chiffre daffaires en 2008, une
présence dans plus de 130 pays, et près de 100 000 collaborateurs dans le monde, le
Groupe peut se prévaloir dêtre un acteur social de tout premier plan. Un
privilège et une responsabilité que la firme française assume, au moins en principe, en
adoptant des principes « éthiques », à travers un code de conduite, supposé
sappliquer à tous ses collaborateurs, partout dans le monde. Parmi ces engagements,
figure notamment celui de respecter et garantir le dialogue social, parce que, selon
Total, « les salariés et leurs représentants doivent avoir une place et un rôle
privilégié dans lentreprise ».
Mais voilà, au Burkina Faso, pays dans lequel Total est implanté, par le biais
dune filiale qui emploie une centaine de personnes, un syndicat dénonce depuis
avril dernier la violation de sa liberté syndicale par la direction de la branche
burkinabé. Et Total tarde à réagir
« Jai été licencié parce que jai lancé un sit-in de 5 heures pour
protester contre le refus de Total-Burkina dentendre nos revendications. Je ne
faisais pourtant quagir en ma qualité de délégué du personnel de Total, et
cest à ce titre que je portais la voix de mes collègues » explique Yacouba
Ouedraogo, porte-parole des délégués du personnel de Total au Burkina.
De meilleures conditions de travail et de rémunération
Cest dans le simple objectif de pouvoir négocier de meilleures conditions de
travail que le comité syndical CGT-B a soumis en mai 2008 une série de revendications à
la direction de la filiale burkinabé du Groupe. « Nous voulions demander ladoption
dune nouvelle grille salariale et la mise en place dun accord
dentreprise » explique Saidou DABO, délégué du personnel.
En effet, labsence de tels accords pose un certains nombre de problèmes aux
employés de Total Burkina. Dabord, les heures supplémentaires, très nombreuses,
ne sont pas rémunérées. Ensuite, les salaires sont très bas. « Le salaire dun
cadre local est à peine supérieur à ce que touche le directeur général de la filiale
comme dotation hebdomadaire en vins (375 000 FCA, soit environ 458 ) ! » expliquent
les employés de Total Burkina.
« Le personnel ne demandait que lamélioration de ses conditions de vie et de
travail, qui sont sans pareille mesure avec celles des expatriés » poursuivent des
représentants des salariés de Total-Burkina. Mais les différentes rencontres avec la
direction ne permettent pas de trouver un accord. Les négociations étant bloquées, le
syndicat décide donc dorganiser, le 27 mars 2009, un sit-in de 5 heures sur
lensemble du territoire en signe de protestation. 95% du personnel y participe.
Liberté syndicale bafouée
Mais voilà, ce mouvement de protestation nest pas du goût de lentreprise qui
décide alors de licencier tous les délégués du personnel, soit six personnes. Face à
la désapprobation générale de cette mesure par les employés, la direction revient
finalement sur sa décision, mais maintient le licenciement de Yacouba Ouédraogo, porte
parole des délégués du personnel, « pour lexemple » explique le syndicat. Les
travailleurs se mettent alors en grève, le 24 avril, et demandent sa réintégration sans
condition avant de regagner leurs postes. Mais la direction reste sur sa position:
"Nous sommes prêts à des discussions. Mais on ne réintégrera pas le porte-parole
des travailleurs", déclare alors le directeur commercial de Total Burkina SA,
Thibault Flichy (aujourdhui nommé directeur général de Total Burkina).
Les difficultés commencent alors à poindre: les longues files dattente dans les
stations service de la capitale, les difficultés dapprovisionnement en carburant
pour la population (avec 75 stations service fermées dans le pays)
Total accepte
alors dentamer des négociations, sous légide de la Direction Générale du
Travail. Le 18 mai, la CGT-B lève alors, en signe de bonne volonté, le mot dordre
de grève en contrepartie de quoi la direction de Total Burkina sengage à
abandonner toutes sanctions administratives à lencontre des travailleurs ayant
observé le mot dordre de grève ; donne son accord sur le principe de
ladoption dune nouvelle grille salariale et sur la création dun cadre
de dialogue social.
Mais Total continue de refuser de réintégrer Yacouba Ouédraogo
Pour la CGT-B, cette attitude est inacceptable. « Ouédraogo a été licencié uniquement
en raison de son activité syndicale, ce qui viole clairement sa liberté syndicale, et
celle des employés quil représente. Accepter son licenciement, ce serait accepter
quon se débarrasse de la contestation sociale » explique Bassolma Bazie, 2ème
Secrétaire général adjoint de la CGT-B.
Le 17 juillet, le ministère du Travail burkinabé lui-même annule la décision
d'autorisation de licenciement qui avait été donnée par la directrice régionale du
Travail de Ouagadougou, précisant que cette autorisation violait la loi du pays. Deux
semaines plus tard, la justice en référé ordonne à Total Burkina la réintégration de
Yacouba Ouedraogo, mais rien ny fait, Total refuse toujours, trois mois plus tard,
de se soumettre, et fait appel de cette décision.
Le syndicat en appelle donc aujourdhui à la solidarité de tous, pour demander au
Groupe Total en France, de faire respecter la liberté syndicale dans sa filiale
burkinabé, comme il sy engage dans son code de conduite et comme le lui demande les
autorités nationales.
La CGT Total en France soutient depuis le début de cette affaire la CGT-Burkina dans ses
revendications et notamment demande la réintégration immédiate de Yacouba Ouedraogo.
Elle a interpellé la direction du Groupe Total en France à plusieurs reprises et
continue de le faire.
Les Amis de la Terre ont lancé en mai 2008 la campagne "Total aggrave son cas"
ciblant le groupe Total, première entreprise française, géant du secteur pétrolier
privé, et l'une des 15 plus puissantes multinationales au monde. Sur la base du rapport
"Total, la mise en examen", qui passe en revue les activités du groupe dans
sept domaines environnementaux et sociaux du développement durable, cette campagne vise
à pousser le groupe à modifier ses pratiques pour diminuer ses impacts extrêmement
lourds au Nord comme au Sud, et les pouvoirs publics à mieux les encadrer.
www.amisdelaterre.org
Plus dinformations sur la liberté syndicale au Burkina Faso : La Confédération
syndicale internationale (CSI)a publié en juin dernier son « Rapport annuel violations
des droits syndicaux 2009 », lequel fait linventaire des violations à la liberté
syndicale qui ont eu lieu dans le monde pendant lannée 2008. Le Burkina Faso y est
évoqué, en même temps que la détérioration du climat social dans ce pays. http://survey09.ituc-csi.org
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| 1er décembre 2009 |
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