| Droits de l'Homme |
| Les États-Unis détiennent le record mondial
de privation de liberté loin devant la Chine |
| Selon le Département de la Justice, le nombre total de
prisonniers aux Etats-Unis (incluant les détenus des prisons fédérales, des prisons
dÉtat, des prisons locales, des prisons militaires, des prisons indiennes, etc.) a
atteint en 2006 le chiffre de 2 385 213 personnes. À ceux-là doivent être ajoutés 5
035 225 personnes placées sous contrôle judiciaire. Le total de cette population
correctionnelle du « pays de la Liberté », soit 7 420 438 personnes, représente 3,2 %
de la population adulte, record du monde absolu. |
Selon le Département de la Justice, le nombre total de prisonniers aux
Etats-Unis (incluant les détenus des prisons fédérales, des prisons dÉtat, des
prisons locales, des prisons militaires, des prisons indiennes, etc.) a atteint en 2006 le
chiffre de 2 385 213 personnes. À ceux-là doivent être ajoutés 5 035 225 personnes
placées sous contrôle judiciaire.
Le total de cette population correctionnelle du « pays de la Liberté », soit 7 420 438
personnes, représente 3,2 % de la population adulte, record du monde absolu. |
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Il sagit dune augmentation considérable depuis le
11-Septembre 2001 et le vote de lUSA Patriot Act, en moyenne de 2 % par an.
Ces chiffres ne tiennent pas compte des prisonniers étrangers détenus par les
États-Unis hors de leur territoire (Guantanamo, Bagram et autres prisons secrètes de la
CIA).
A titre de comparaison, pour plus dun milliard dadultes en Chine, il ny
a qu1,5 million de prisonniers. |
« Prisoners in
2006 », US Department of Justice, Décembre 2007. (PDF - 307.1 ko) et « Probation and Parole
in the United States, 2006 », US Department of Justice, Décembre 2007.
(PDF - 218.5 ko) |
| Le Pentagone sapprête à
reprendre les essais darmes chimiques et biologiques à ciel ouvert (par Ross
Sherwood *) Le rapport annuel du Pentagone atteste quil
prépare des essais darmes chimiques et biologiques à ciel ouvert en violation des
Conventions internationales a révélé le professeur Francis A. Boyle, expert de
référence en la matière. Le pire est à craindre, dautant que par le passé
lArmée des États-Unis avait procédé à ce type dexpérimentation dans de
grandes villes états-uniennes à linsu de leur population.
Le Pentagone a nié que le président George W. Bush ait émis une directive lui
permettant de reprendre les essais de guerre chimique et biologique (GCB) en plein air,
essais qui avaient été interrompus par le président Richard Nixon en 1969. Pourtant,
les préparatifs annoncés par le Pentagone semblent indiquer quil est prêt à le
faire. |
Le porte-parole Chris Isleib na pas répondu à une demande de
commentaires sur un passage du rapport annuel du Département de la Défense adressé au
Congrès en avril dernier, qui suggère que le Pentagone se prépare à reprendre les
essais.
La reprise des essais en plein air mettrait un terme au moratoire adopté de longue date
après le tollé suscité par une série daccidents survenus dans les années 1960. |
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Le rapport annuel du Pentagone appelle apparemment à «
des essais complets [de GCB] sur le terrain » pour ce qui touche à la mise au point et
à lexploitation de ces agents, et pas seulement de simulations.
Le rapport du Pentagone au Congrès contient le passage suivant : « Plus de 30 ans ont
passé depuis linterdiction aux États-Unis des tests en plein air dagents
chimiques vivants, et depuis que le dernier test de ce type a été réalisé, une grande
partie de linfrastructure nécessaire pour les essais sur le terrain, comme les
détecteurs chimiques, nexiste plus ou est sérieusement périmée. Les
augmentations actuellement prévues du budget de linfrastructure "Essai et
Évaluation" vont grandement améliorer aussi bien la mise au point que
lexploitation des essais sur le terrain, avec une meilleure représentation des
menaces simulées et la définition de la réaction du système ».
« Soit larmée a déjà repris les essais en plein air, soit elle se prépare à le
faire », a déclaré Francis Boyle, professeur de droit international à
luniversité de lIllinois et rédacteur de la loi de mise en application de la
Convention sur les Armes Biologiques états-unienne, qui fut signée par le président
George H. Bush Sr. Boyle a suivi de près les développements ultérieurs.
« Je suis stupéfait par la nature de ce développement », a dit Boyle. « Cest un
revirement majeur de politique ». Le traité de 1972 contre les germes de guerre [la
guerre biologique], que les États-Unis ont signé, interdit de mettre au point des armes
qui sèment la maladie, comme lanthrax [1], un agent pathogène considéré par
larmée comme « idéal » pour la conduite de la guerre biologique.
« Le Pentagone est tout à fait prêt à lancer la guerre biologique par le biais de
lanthrax » prévient Boyle. « Tous les équipements ont été acquis et toute la
formation menée et la plupart des membres de forces armées US prêtes à combattre ont
reçu des équipements de protection et des vaccins qui les protégeraient prétendument
de cet agent. »
Les essais en plein air déplacent la recherche sur les agents létaux hors des
laboratoires afin détudier leur efficacité, y compris leurs modes de dispersion
aérienne, et pour juger de leur capacité à infecter et à tuer lors des essais sur le
terrain. Depuis les attentats à lanthrax contre le Congrès [2] en octobre 2001,
ladministration Bush a financé une vaste augmentation de la recherche biologique
pour des centaines de laboratoires universitaires et privés aux États-Unis et à
létranger impliquant lanthrax et dautres agents pathogènes mortels.
Les attaques à lanthrax ont tué cinq personnes, dont deux employés des services
postaux, en ont blessé 17 autres et elles ont mis temporairement un terme aux activités
du Congrès des États-Unis, de la Cour suprême et à celles dautres entités
fédérales.
Bien quune loi fédérale permette au président dautoriser les essais en
plein air dagents de GCB, Boyle déclare que cela « ne résout pas le problème du
respect [du droit international] car une telle autorisation violerait la Convention
Internationale sur les Armes Chimiques (CIAC) et la Convention sur les Armes Biologiques
(CAB) ainsi que les textes législatifs sur la mise en application de ces conventions au
niveau national, et ces violations seraient [légalement] des crimes ».
Boyle va plus loin, en ajoutant que les États-Unis sont déjà « en violation » de ces
deux conventions ainsi que du droit pénal fédéral relatif à leur mise en uvre.
En février 2003, par exemple, les États-Unis se sont eux-mêmes accordé un brevet pour
des grenades illégales, de longue portée et utilisant des armes biologiques,
manifestement à des fins offensives.
Boyle affirme que la mise au point de lanthrax en vue dune éventuelle
offensive de buts est mise en évidence par les efforts du gouvernement « pour essayer de
stocker massivement des vaccins contre la maladie du charbon et des antibiotiques, pour 25
millions dÉtats-uniens au moins, afin de protéger la population civile dans le cas
où il y aurait un "retour de manivelle" à lutilisation de lanthrax
dans le cadre dune guerre biologique menée à létranger par le Pentagone ».
« En théorie », ajoute Boyle, « vous ne pouvez pas mener une guerre biologique à
létranger, sauf si vous pouvez protéger votre population civile des représailles
de même nature, ou dun "retour de bâton", ou des deux ». Dans le cadre
du projet BioShield, le Département à la Sécurité de la Patrie (Homeland Security)
dépense 5,6 milliards de dollars US pour stocker des vaccins et des médicaments afin de
lutter contre lanthrax, la variole, et dautres agents de bioterrorisme [3]. Le
projet a été marqué par des retards et des problèmes opérationnels et le 12 décembre
2006, le Congrès a adopté une loi approuvant un budget dun milliard de dollars US
pour financer trois années de recherche supplémentaires par le secteur privé sur le
BioShield.
Boyle dit que les preuves que les États-Unis disposent danthrax de qualité
militaire ont été apportées en octobre 2001, par les attaques aux courriers piégés à
lanthrax contre les sénateurs démocrates Thomas Daschle et Patrick Leahy [4]. La
souche hautement sophistiquée de la maladie du charbon utilisée semblerait provenir du
centre de guerre biologique de Fort Detrick, dans le Maryland, cest-à-dire de
larmée états-unienne. Ces attaques ont tué 5 personnes et affecté 17 autres. Les
efforts actuels pour lagrandissement de Fort Detrick ont par ailleurs suscité une
forte opposition de la communauté locale, selon un article paru dans le Baltimore Sun.
« De toute évidence, une personne travaillant pour le gouvernement des États-Unis a
constitué une réserve danthrax de qualité militaire qui peut être utilisée de
nouveau au niveau national à des fins de terrorisme politique ou à létranger pour
mener une guerre offensive », a déclaré Boyle.
Associated Press a indiqué que larmée états-unienne est en train de remplacer son
Institut militaire des maladies infectieuses situé à Fort Detrick « par un nouveau
laboratoire qui serait composé dun campus de biodéfense exploité par plusieurs
agences ». Larmée a déclaré à AP que le laboratoire est destiné à poursuivre
des recherches uniquement à des fins défensives contre les menaces biologiques.
Le fait que des scientifiques du gouvernement ont créé de nouvelles souches
dagents pathogènes pour lesquels il nexiste pas de remède connu contredit
fortement largument selon lequel la recherche états-unienne est menée à des fins
"défensives". Richard Novick, professeur de microbiologie à luniversité
de New York, a déclaré : « Je ne peux imaginer une justification plausible pour
expliquer la modification génétique de lanthrax comme une mesure défensive. »
Laltération dun agent pathogène (antigenicity) consiste à modifier sa
structure de base afin que les vaccins existants savèrent inefficaces contre elle.
La guerre biologique implique lutilisation dorganismes vivants à des fins
militaires. Ces armes peuvent être dorigine virale, bactérienne ou fongique, parmi
dautres formes, et peuvent être disséminées sur une vaste étendue géographique
par le biais du vent, de leau, des insectes, des animaux ou des humains, selon
Jeremy Rifkin, auteur de The Biotech Century (Le siècle Biotech).
Boyle affirme que le gouvernement fédéral US a déversé dénormes sommes
dargent pour la modernisation de Fort Detrick et dautres installations de GBC
où ces pathogènes sont étudiés, mis au point, testés et stockés. Selon certaines
estimations, les États-Unis ont investi depuis 2002, quelque 43 milliards de dollars US
dans des centaines de laboratoires universitaires, gouvernementaux ou du secteur privé
aux États-Unis pour létude des agents pathogènes susceptibles dêtre
utilisés dans le cadre de la guerre biologique.
Selon Richard Ebright, biologiste moléculaire à luniversité Rutgers, plus de 300
institutions scientifiques et 12 000 personnes ont accès à des agents pathogènes
adaptés à la guerre biologique et au terrorisme. Ebright a constaté que le nombre de
bourses accordées par lInstitut National de la Santé à la recherche sur des
maladies infectieuses ayant un potentiel pour la guerre biologique est passé de 33 pour
la période 1995-2000 à 497 en 2006. Ebright a déclaré que le gouvernement avait
décuplé le nombre de laboratoires de niveau de biosécurité maximal, comme ceux qui se
trouvent à Fort Detrick, et que cela avait augmenté le risque daccidents et de
détournement des organismes dangereux. « Si un employé dans une de ces installations
emporte une seule particule virale ou une seule cellule, ce qui ne peut pas être
détecté ou empêché, cette unique particule ou cellule peut constituer la base
dune épidémie. »
Pendant la Guerre froide, notamment dans les années 1950 et 1960, diverses agences
gouvernementales se sont lancées dans des essais de GCB réalisés en plein air sur le
sol états-unien et en mer sur les navires de la Marine US pour étudier les effets des
armes pathogènes. Des villes états-uniennes, dont New York, Chicago et San Francisco,
figuraient parmi les objectifs, et des maladies et même un certain nombre de décès ont
été signalés par la suite.
Selon un article intitulé « Lethal Breeze » de Lee Davidson dans le Deseret News de
Salt Lake City du 5 juin 1994 : « Au cours de décennies de tests secrets darmes
chimiques, larmée a libéré dans latmosphère de lÉtat de lUtah
plus de 225 000 kilos de neurotoxiques mortels ». Parmi eux, ajoute-t-il, se trouvait
lagent VX, dont une seule goutte de la taille dune tête dépingle peut
être fatale. Les essais ont été menés à Dugway Proving Ground, mais pour Davidson, il
y a lieu de penser que « certains [des agents] ont pu être disséminés avec le vent ».
Des documents du Pentagone obtenus par le News énuméraient 1 635 essais ou utilisation
sur le terrain des agents neurotoxiques VX, GA et GB entre 1951 et 1969, année « où
larmée a abandonné lutilisation en plein air dagents neurotoxiques
actifs après que des fuites de gaz neurotoxique auraient apparemment tué 6 000 ovins à
Skull Valley », écrit Davidson. Lépisode de Skull Valley a également affecté un
éleveur et les membres de sa famille.
Boyle a précédemment accusé le Pentagone de « se préparer à combattre et à gagner
» une guerre biologique « en application de deux directives de stratégie nationale
promues par Bush et adoptées en 2002 » sans que le public en soit informé et puisse en
débattre. » Il soutient que le programme de défense chimique et biologique du Pentagone
a été modifié en 2003 pour mettre en uvre ces directives, entérinant la
possibilité dune utilisation des armes chimiques et biologiques en « premier
recours » dans une guerre.
Ross Sherwood (Écrivain, consultant en relations publiques
et directeur du service de presse Anti-War News Service. Il a été animateur dune
émission radio de débats publics à Washington ; il fut reporter pour le Chicago Daily
News et travaillé comme chroniqueur pour plusieurs agences de presse) |
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| 22 décembre 2007 |
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