Communiqué de "Réseau Education Sans Frontière" - 23 mars 2007
LA POLICE EMPLOYEE A TRAQUER LES ENFANTS DE PARENTS SANS
PAPIERS ET A ARRÊTER LES DIRECTRICES DECOLES MATERNELLES QUI LES DEFENDENT :
PREFIGURATION DE LA REPUBLIQUE SARKOZIENNE ?
Il ne sagit ni dinitiatives intempestives de policiers maladroits, ni de
bavure. La preuve en est que ce matin, la directrice de lécole maternelle Rampal
était convoquée au commissariat de la rue Erik Satie où elle a été mise en
examen pour « outrage et dégradation de biens publics en réunion ». Il
semblerait que les autorités aient envisagé (avant dy renoncer devant le tollé)
de convoquer dautres personnes pour déventuelles mises en examen.
On est en plein délire sarkozien ! La police na-t-elle
réellement rien de mieux à faire que daller interpeller une mère et un
grand-père à la porte dune école pour la gloire dun ministre arriviste ?
Quelle image donne-t-elle en se comportant de façon violente à légard
denfants de maternelle et leurs parents ? Qui peut estimer légitime la mise en
examen sous un motif grotesque dune directrice décole maternelle «coupable»
davoir voulu protéger des parents (innocents !) de deux élèves et les enfants
dont elle est responsable. Lindignation soulevée par cette affaire a conduit les
autorités à renoncer à la mise en examen au motif grotesque pour « outrage et
dégradation de biens public en réunion » de la directrice.
Ces événements surviennent après la rafle des sans papiers venant aux restos
du cur à Belleville, après la mise en examen de Florimond Guimard, instituteur et
militant RESF de Marseille « coupable » davoir défendu un père délève
expulsé, de Kadidja, militante de lApeis « coupable » davoir protesté dans
un avion contre lexpulsion dun étudiant malien, de Michel Guérin « coupable
» davoir dénoncé vivement la politique de Sarkozy, du placement en garde à vue
d'un militant et d'une marraine citoyenne à Strasbourg.
Du fait des ordres du ministre et du gouvernement, la police passe les bornes. Il est
temps, grand temps, que des voix sélèvent, y compris des rangs de la police et de
la haute fonction publique, pour dire que ça suffit. Que le temps de la République de la
chasse à lenfant et de lemprisonnement de ceux qui les défendent nest
pas encore venu. |