| Depuis quelques années, le nombre de fichiers informatiques est en constante
augmentation dans notre pays. LEducation nationale na pas échappé à cette
évolution dangereuse pour les libertés publiques notamment avec lexpérimentation
de « base élèves » dans les écoles maternelles et primaires et lévolution
parallèle du fichier "Sconet" dans le secondaire. Dans ces fichiers sont
recueillies des données sensibles qui posent des problèmes liés à la protection de la
vie privée dautant plus que certains champs peuvent être accessibles aux maires,
compte tenu de laccroissement de leurs prérogatives par la loi dite « prévention
de la délinquance ».
Agissant au sein de divers collectifs locaux, de nombreux citoyens se sont déjà
inquiétés des utilisations possibles de ces outils informatiques.
A linitiative de la Ligue des droits de lHomme, un certain nombre
dorganisations (CEMEA, CGT, Confédération syndicale des familles (CSF), FERC-CGT,
FSU, Ligue de lenseignement, SNES, SNUIpp, Sud-Education, Sundep-Solidaires, Union
Syndicale Solidaires, UNSEN CGT) lancent une pétition nationale pour demander
larrêt de lexpérimentation « base élèves » et la remise à plat de
lensemble des dispositifs informatiques existants contenant des données relatives
aux enfants afin que soient assurées les garanties nécessaires notamment aux parents et
aux enseignants en termes de protection des libertés publiques.
Cette pétition, ouverte à dautres organisations et à tous les citoyens, est
sur le site de la LDH. http://www.ldh-france.org/actu_derniereheure.cfm?idactu=1607
Pétition Nationale
A linitiative de la LDH, les organisations soussignées appellent à une
mobilisation civique pour demander larrêt de lexpérimentation « base
élèves » et la remise à plat de lensemble des dispositifs informatiques
existants contenant des données relatives aux enfants afin que soient assurées les
garanties nécessaires notamment aux parents et aux enseignants en termes de protection
des libertés publiques.
NOS ENFANTS SONT FICHES, NE NOUS EN FICHONS PAS
Depuis quelques années, le nombre de fichiers informatiques considérés comme
indispensables par les autorités administratives est en constante augmentation dans notre
pays. LEducation nationale na pas échappé à cette évolution dangereuse
pour les libertés publiques et attentatoire à la vie privée. Ainsi, en 2004, le
ministère de lEducation nationale a décidé de mettre en place, dabord sous
forme expérimentale, un nouveau système relatif aux données concernant les élèves des
écoles maternelles et élémentaires (le fichier base élèves). Dans le même temps, le
fichier SCONET concernant les élèves de lenseignement secondaire a profondément
évolué.
A terme, tous les enfants devraient être « fichés » quel que soit leur mode de
scolarisation (publique ou privée, par correspondance ou instruction dispensée hors de
lécole), dès leur entrée à lécole et durant toute leur scolarité. Ainsi
vont être centralisées à léchelon académique des informations personnelles qui,
jusqualors, ne sortaient pas des établissements scolaires ou circulaient de façon
anonyme, du moins beaucoup denseignants le croyaient alors quil nen
était rien.
Ce fichage centralisé a été présenté comme un simple outil de gestion et na
fait lobjet daucun débat public. Les parents qui veulent sy soustraire
sont mis devant le fait accompli. Ils ne pourront que consulter les informations les
concernant.
La nature des données personnalisées que souhaite recueillir ladministration,
(difficultés scolaires, absentéisme, RASED, lieu de naissance
), va au-delà de ce
que nécessite « la gestion des établissements scolaires ».
Ladoption de la loi dite prévention de la délinquance permettant au maire de
bénéficier du secret partagé peut conduire à terme au partage de toutes les données
sensibles de ces fichiers.
Sous la pression dun mouvement de protestation, les champs relatifs à la
nationalité des enfants, leur date dentrée sur le territoire français, leur
culture et leur langue dorigine initialement prévus dans le fichier « base
élèves » ont été enlevés. Cependant en ce qui concerne les informations relatives
aux enfants dont lun des parents est, ou a pu être, sans papier. Nous ne pouvons
être quinquiets devant le fait quils ont pour lessentiel été
réintroduits dans un autre fichier (le fichier Eloi) créé fin 2007.
CEST POURQUOI :
- constatant que certains fichiers constitués par dautres administrations ont
été détournés de leurs objectifs initiaux de gestion pour se transformer en instrument
de contrôle social,
- considérant que le partage de données individuelles en dehors de lécole ou de
létablissement des enfants napporte rien à la réussite des élèves et peut
mettre en cause le respect de la vie privée des familles et le droit à la protection des
données individuelles,
- nous demandons larrêt de toutes les expérimentations en cours des fichiers
actuels concernant les informations relatives aux élèves,
- nous apportons notre soutien aux directeurs et aux chefs détablissement refusant
dentrer dans le dispositif,
- nous demandons une remise à plat de lensemble des dispositifs existants avec les
garanties que toutes possibilités de centralisation, dinterconnexion et de
partageabilité des données nominatives soient exclues.
Premiers signataires : CEMEA, CGT, Confédération syndicale des familles (CSF),
FERC-CGT, FSU, Ligue de lenseignement, Ligue des droits de lHomme, SNES,
SNUIpp, Sud Education, Sundep-Solidaires, Union Syndicale Solidaires, UNSEN CGT |