| Fichier EDVIGE |
| le fascisme français se met en place |
| Un Appel public à signatures ets lancé auprès de tous les
citoyens attachés aux libertés et à la démocratie afin d'obtenir l'abandon de la mise
en place du fichage systématique et généralisé, dès lâge de 13 ans, par
la police des délinquants hypothétiques... et des militants syndicaux, politiques,
associatifs et religieux. Fichage assuré, à lavenir, par la Direction centrale de
la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST). |
Sans débat public préalable, le gouvernement, par un décret publié au
Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage
de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à lavenir, par la Direction centrale
de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).
A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom dEDVIGE
(Exploitation documentaire et valorisation de linformation générale). Il
recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne « ayant
sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue
un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception,
toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.
En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les
« suspects » (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police,
comme susceptibles, à lavenir et de manière totalement hypothétique, de porter
atteinte à « lordre public ».
Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que : état civil,
photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance
ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances
syndicales et associatives
La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas denquêtes administratives
pour laccès à certains emplois.
Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République
et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès lâge de 13 ans et
cela sans quaucune infraction nait été commise et sur la seule base de leur
dangerosité présumée.
Cette initiative gouvernementale, porteuse à lévidence de nombreuses dérives,
sinscrit résolument dans le cadre de la mise en place dune politique
sécuritaire ouvertement revendiquée.
Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la Commission nationale
Informatique et Libertés concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus
vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.
Cest pourquoi les organisations et les personnes signataires de cet appel :
exigent le retrait du décret autorisant la mise en place du fichier EDVIGE qui institue
un niveau de surveillance des citoyens totalement disproportionné et incompatible avec
une conception digne de ce nom de létat de droit,
sollicitent le soutien et la signature de tous nos concitoyens et de toutes les
organisations attachées aux libertés publiques, au respect de la vie privée et des
droits de lenfant,
sengagent à se constituer, dès le mois de septembre 2008, sous forme de Collectif
afin de prendre toute initiative utile visant à obtenir des pouvoirs publics quils
renoncent à la mise en place du fichier EDVIGE.
Les collectifs, associations, syndicat et partis peuvent apporter leur soutien et leur
signature en écrivant à contact@nonaedvige.ras.eu.org
SIGNER LAPPEL : http://nonaedvige.ras.eu.org:80/
|
| Quand
un organe de l'ONU épinglait Edvige
En France, la classe politique semble avoir découvert lexistence du fichier Edvige
la semaine dernière. Pourtant, le décret créant ce fichier policier a été publié au
tout début de lété, le 1er juillet.
Plusieurs organismes, défenseurs des libertés, avaient alors réagi au quart de tour,
dénonçant les risques qui constitue, à leurs yeux, un fichier tel quEdvige. Une
critique qui sest faite aussi au niveau international. On en parle peu
aujourdhui, mais le Comité des droits de lhomme, un organe des Nations unies
basé à Genève, a émis des observations sur Edvige dès le mois de juillet.
En tant quorgane de surveillance, ce Comité des droits de lhomme examine les
politiques des Etats en matière de libertés et droits civiques. Le 22 juillet, dans un
rapport rendu sur la France, les 18 experts alertaient sur les dangers dEdvige et
plus généralement sur « la prolifération de différentes bases de données. »
Edvige non conforme au Pacte international
Selon les 18 experts du Comité, « la collecte, le stockage et lutilisation de
données personnelles sensibles contenues dans les bases de données comme Edvige et Stic
(Système de traitement des infractions constatées) peut soulever des questions au regard
du Pacte. » Il sagit là du Pacte international relatif aux droits civils et
politiques, entré en vigueur en 1976, qui prévoit dans son article 17:
« 1. Nul ne sera lobjet dimmixtions arbitraires ou illégales dans sa vie
privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni datteintes illégales à
son honneur et à sa réputation.
2. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de
telles atteintes. »
La France appelée à revoir sa copie
Dans une série dobservations, les experts détaillent les points qui posent
problème dans le fichier Edvige, appelant la France à y remédier.
Dans lordre: « La collecte et la conservation de données personnelles dans les
ordinateurs, dans des banques de données et selon dautres procédés doivent être
régies par la loi ». Ce qui signifie en pratique quun fichier tel quEdvige
devrait être débattu au Parlement et non relever de lexécutif (en
loccurrence du ministère de lIntérieur) par voie de décret.
Ensuite, le Comité demande « des mesures effectives pour garantir que ces informations
narrivent pas entre les mains de personnes non autorisées ». La Cnil (Commission
nationale de linformatique et des libertés) avait également émis une réserve sur
ce point, regrettant labsence dun système fiable pour assurer la
traçabilité des connexions et éviter les abus.
Un droit de regard sur Edvige
Autre garantie, indispensable aux yeux des experts internationaux : « Les individus
doivent pouvoir demander la rectification ou la suppression dune donnée incorrecte
ou recueillie en violation de la loi. » Sur ce sujet, Yann Padova, secrétaire général
de la Cnil, assure que les citoyens pourront obtenir la suppression des données erronées
contenues dans Edvige. Mais, fait-il remarquer, « pour Cristina (le fichier
antiterroriste), on na aucun moyen de contrôle. On ne sait même pas ce quil
y a dedans puisque le décret na pas été publié. »
Enfin, le comité soulève la question du fichage des mineurs dès 13 ans. Et demande
expressément que « le fichier Edvige ne porte que sur les enfants à partir de 13 ans
qui ont été reconnus coupables dune infraction pénale ». Dans la formulation
actuelle, il sagit plus largement de ficher « toute personne (13 ans et plus)
susceptible de troubler lordre public ». Comme le souligne Hélène Franco,
secrétaire générale du syndicat de la magistrature, « lexpression est très
vague, on vise là les délinquants potentiels
Donc, en réalité, tout le monde ».
Voir cet article sur son site d'origine |
|
|
|
| 6 août 2008 |
|