| Le journaliste d'investigation a été interpellé mercredi 5 décembre au
petit mation à son domicile parisien par six policiers de la DST qui ont effectué une
perquisition de plusieurs heures, en présence de ses enfants. Selon le journaliste, la
procédure viserait certains de ses articles sur les attentats du 11 septembre et
laffaire Borell, ainsi que son site Internet. Sous la menace dune détention
prolongée, il aurait livré aux enquêteurs le nom de sa source, un fonctionnaire de la
Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), qui aurait été interpellé à
son tour. Cependant, selon un enquêteur, il nest pas dusage de poursuivre un
journaliste pour ce type de motif et, au demeurant, la jurisprudence de la Convention
européenne des Droits de lhomme autorise les journalistes à conserver le secret de
leurs sources. En réalité, M. Dasquié est soupçonné dentretenir des relations
avec un service étranger avec lequel il aurait échangé des documents classés
secret-Défense. Laffaire serait directement suivie par Michèle Alliot-Marie,
ancien ministre de la Défense, aujourdhui ministre de lIntérieur.
"Le journalisme d'investigation spécialisé sur la raison d'Etat constitue à mes
yeux un garde-fou indispensable pour notre démocratie", déclare le responsable
éditorial de geopolitique.com. "Il participe à nourrir l'esprit critique des
citoyens éclairés. Et à ce titre, il représente un gage de sécurité plus important,
plus fondamental encore, que tous les pelotons de la DST réunis", ajoute-t-il. Je me
sens absolument outré. Cette garde à vue a consisté pour l'essentiel à porter atteinte
à un droit sacro-saint des journalistes, c'est-à-dire à me contraindre à divulguer mes
sources", a également déclaré M. Dasquié sur France Inter vendredi matin."
S'adressant à la ministre de l'Intérieur et ex-ministre de la Défense Michèle
Alliot-Marie, le journaliste lui écrit : "je pensais exercer un métier, vous m'avez
démontré que c'est un sacerdoce. Grâce à vous, une détermination nouvelle désormais
me conduit". |
Qui est Guillaume Dasquié ?
Propagandistes du « choc des civilisations », Guillaume Dasquié et Jean-Charles Brisard
avaient publié en 2002 un ouvrage à succès dans lequel ils accusaient des
personnalités saoudiennes davoir financé les attentats du 11 septembre 2001. Ils
devaient par la suite admettre avoir inventé cette piste de bric et de broc [1] [2].
Simultanément, ils avaient intoxiqué la mission dinformation parlementaire sur le
blanchiment dargent, laquelle avait été contrainte, une fois la supercherie
découverte, de passer au pilon son rapport fraîchement édité. Il apparaissait bientôt
que, dans cette affaire, M. Brissard était rémunéré par un cabinet états-unien.
Toujours en 2002, sur laimable suggestion dune ambassade étrangère,
Guillaume Dasquié avait publié avec son confrère du Point Jean Guisnel un pamphlet pour
tourner en dérision LEffroyable imposture de Thierry Meyssan et défendre la
version bushienne des attentats.
En 2006, Guillaume Dasquié avait été imposé par de puissants protecteurs comme expert
auprès de la chaîne France 3 pour commenter le bombardement du Liban par Israël, au
grand dam de la rédaction. Il y avait multiplié les intoxications appelant de ses
vux la victoire de lÉtat hébreu.
[1] « 9/11 : Jean-Charles Brisard
et Guillaume Dasquié reconnaissent avoir inventé la piste saoudienne », Réseau
Voltaire, 2 novembre 2006.
[2] « Excuses publiques de
Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié à Khalid et Abdulrahman bin Mahfouz » |