| « Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en
sécurité, tu ne mérites ni lune ni lautre ». Thomas Jefferson Jusqu'où
accepterons-nous l'inacceptable ?
Un nouveau projet de loi attentatoire à nos libertés et s'inspirant du "Patriotic
Act" américain, sera discuté le 8 janvier 2008 en procédure d'urgence (une seule
lecture pour chaque chambre) à l'Assemblée Nationale et au Sénat. Ce projet de loi vise
à instaurer une «rétention de sûreté» qui permettra, après lexécution d'une
peine de prison, de prolonger sans limitation de durée, sans peine et sans infraction,
lenfermement des personnes considérées comme dune «particulière
dangerosité».
Il s'agit de procéder à des enfermements préventifs, sur la base... dune
présomption dinfraction future (ce que Georges Bush avait invoqué pour déclencher
l'horreur de la guerre en Irak, et qui se traduit aujourd'hui -sous le silence complice
des médias- à l'arrestation de milliers de citoyens américains.
La « rétention de sûreté », telle quelle apparaît dans le projet de loi du 28
novembre 2007 est un «changement profond dorientation de notre justice. [...]
Après un siècle, nous voyons réapparaître le spectre de « lhomme dangereux »
des positivistes italiens Lombroso et Ferri, et la conception dun appareil
judiciaire voué à diagnostiquer et traiter la dangerosité pénale. On sait à quelles
dérives funestes cette approche a conduit le système répressif des États totalitaires.
» (Robert Badinter, dans Le Monde, La prison après la peine, 27 novembre 2007).
Il ne sagit plus simplement de durcir les sanctions ou de renforcer les moyens de
contrainte mais de mettre en place un dispositif qui relève dune philosophie de
lenfermement et sinscrit dans la culture du « risque zéro » qui, sous
prétexte de lutter contre la récidive, impose depuis plusieurs années et par
glissements successifs de lois, des législations de plus en plus répressives et
attentatoires aux libertés publiques. Ce projet s'inscrit dans ce dogmatisme libéral
d'une logique délimination qui sapparente à une mort sociale.
Si ce texte est adopté, la France se dotera dun dispositif sans équivalent dans
les "démocraties européennes car, contrairement à ce que le gouvernement veut
laisser croire, rien de comparable nexiste en Europe ni aux Pays Bas ni en Belgique
où ce type denfermement nintervient quen substitution à la peine et
non pas en complément et prolongement sans délits et sans jugement.
Que tous ceux qui refusent le glissement actuel extrêmement rapide de la société
française vers l'horreur, dans l'indifférence quasi-générale, voire l'assentiment de
beaucoup s'élèvent contre cette nouvelle mesure indigne d'une société qui
s'auto-proclame "civilisée".
Jusqu'où accepterons-nous l'inacceptable ? Appelons les parlementaires à refuser de
voter ce texte indigne!
Vous pouvez signer la pétition en consultant le site : http://www.contrelaretentiondesurete.fr/
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