| D'un point de vue commercial, aujourd'hui 5 centrales d'achats dominent 87%
du marché alimentaire en France, il est donc aisé de comprendre que la dogmatique
concurrence prônée par le gouvernement pour soit disant faire baisser les prix ne peut
certainement pas être que l'abrogation de la loi Galland (seuil de revente à perte) ou
l'injection de fausse concurrence apparente. On entend régulièrement les journalistes
faire des comparaisons avec l'Allemagne où les prix se négocient librement, et dire que
c'est grâce à ça, que les prix y sont plus bas que dans notre pays. La relation de
cause à effet est indémontrable et totalement injustifiable, car la vraie raison est à
la fois, économiquement mécanique puisque l'Allemagne dispose de 11 grandes centrales
d'achats sur un total de 23 qui ne se sont en plus pas concentrées comme en France
(groupement d'enseignes autour de centrales) mais est également sociologique.
A la différence de la quasi totalité des pays européens, les leaders de la grande
distribution en France sont issus du milieu commerçant alors que dans la plupart des
autres pays se sont à l'origine des industriels, ce qui change considérablement la donne
en termes de démarche commerciale, de capacité commerciale et... de marges. Le
producteurs lambda quand il se trouve devant 5 grandes centrales comment fait-il pour
faire jouer la concurrence pour qu'on lui achète son produit plus cher.
l'Urbanisme commercial : le seil droit de la concurence et non pas des
populations
D'un point de vue urbanistique, que l'on ne s'y trompe pas, le mot urbanisme commercial
en France est un faux ami, les régles de l'urbanisme commercial n'ont rien à voir avec
le droit de l'urbanisme mais plus avec le droit de la concurrence. En effet, les
commissions départementales d'équipement commercial ne fondent leurs jugements que sur
la base d'une étude de marché, de la détermination d'une zone de chalandise (qui de
l'aveu même de conseil d'Etat ne répond à aucune règle de sciences économiques). Les
critères doivent intégrer des notions d'aménagement du territoire mais surtout des
règles d'équilibre entre petits et grands commerces mais sans aucune réglementation ni
même sanction. Or dans une bonne moitié des pays européens, on ne regarde que les
questions d'urbanisme.
Ainsi, en Grande-Bretagne, pays au combien libéral, les règles d'urbanisme ont permis
la maîtrise des aires urbaines, au moins pour partie. Une grande surface qui souhaite se
développer devra impérativement justifier de son implantation hors centre ville dans son
permis de construire. Si cela est justifié alors l'implantation de la grande surface en
périphérie doit obligatoirement s'accompagner d'un projet urbain proposant logements et
équipements. Les conséquences sur la forme urbaine des villes anglaises: un nombre très
faible d'hyper marché, car construire en coeur de ville de très grandes surfaces est
techniquement difficile ou couteux, le supermarché est donc roi.
Ensuite, les entrées de villes sont de fait plus soignées qu'en France, même s'il
existe de grands centres commerciaux. Enfin, la mixité des fonctions urbaines limite
fortement la part des déplacements et les supermarchés deviennent bien souvent des
commerces de proximité. Nénamoins, on ne trouve plus de commerçants indépendants en
GB, ce sont à 90% des franchises.
Les bonnes questions à se poser. Pourquoi nous n'avons jamais souhaité en France
disposer de documents d'urbanisme très contraignant à l'encontre des grandes surfaces?
En effet, la loi SRU avait proposé de mettre en place des schémas de développement
commercial, mais ceux-ci ne sont pas opposables aux tiers et en plus réalisé pour partie
par les lobbies GMS. Pourquoi continuons-nous à centrer l'aspect commercial sur la base
d'un équilibre entre petits et grands commerces avec une inefficacité totale, au lieu de
remettre le producteur au centre du droit de la concurrence?
Quelques contre-propositions
Urbanisme
- Faire réviser les schémas de développement commercial par les élus, les citoyens
(non lobbisés) et l'Etat pour les rendre contraignants
- Appliquer au plan national aux grandes surfaces dans le réglement national d'urbanisme
un coefficient d'occupation des sols très strcite et une norme RT2005 très basse, car
au-delà du fait qu'elles consomment de l'espace les grandes surfaces consomment de
l'énergie et pourraient ainsi se voir contraintes. Taxe de générateurs de pollution à
explorer
- Imposer le principe de mixité des fonctions urbaines et faire payer une taxe aux
communes ne remplissant pas cet impératif
Commerce
- Mettre en avant dans les dossiers CDEC le nécessaire équilibre entre producteurs et
distributeurs en plus que l'équilibre petits commerçants et GMS
- Obligation d'utilisation d'outil d'observation institutionnel comme l'observatoire des
marges des distributeurs et les plafonds d'équipements commerciaux des douanes (si
ceux-ci sont bien actualisés). C'est rendre contraignant pour une CDEC ou juge le
dépassement de limites de marges et plafonds commerciaux.
Concurrence
- Offrir une possibilité de saisine du Conseil de la Concurrence par le citoyen en direct
dès que celui-ci constate une situation monopolistique ou oligopolistique.
- Caractériser le fait monopolistique par un nombre de centrales d'achats avec des
correspondances en part de marché.
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