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| le fameux yacht de Bolloré, pour seulement 100.000 euros la semaine,
c'est pour vous !!! |
La stratégie africaine de Vincent Bolloré et de son groupe est simple : elle consiste à
contrôler toute la chaîne de transport, plus quelques filières de production hautement
rentables. La vague de privatisations, imposées par les institutions financières
internationales, lui permet de racheter le maximum d¹infrastructures de transport et
d¹élargir sa gamme de produits tropicaux (cacao, coton, café, caoutchouc, huile de
palme...). La gestion des réseaux ferrés s¹est ajoutée à celle des ports et lignes
maritimes pour maîtriser le coût du transport de marchandises. Compte tenu du
fonctionnement économique et politique de nombreux pays d'Afrique francophone, si l'on se
donne la peine d'aller y commercer et investir, c¹est qu'on y escompte plus de
passe-droits et de profits qu'en France.
Le groupe Bolloré et ses liens politico-financiers
Lorque Vincent Bolloré récupère l'entreprise familiale de papier à cigarettes, il
décide d'en faire une entreprise d'envergure internationale en se diversifiant par le
rachat d'un certain nombre d'entreprises et de groupes. Il est aidé en cela par son ami
Antoine Bernheim, l'un des grands financiers français. Sa méthode consiste à
s'introduire dans un groupe et à viser le pourcentage de participation qui permet d'en
verrouiller le capital. Il a ainsi commencé par acquérir 11,5 % des actions de la
holding "Rue Impériale" de Lyon, qui contrôle les trois banques Lazard de
Paris, Londres et New York, jusqu'à en posséder 30 % en juillet 2000. Parmi ses
partenaires ou amis, on trouve entre autres Claude Bébéar, patron des assurances AXA,
président du club « Entreprise et cité », et François David, président de la Coface
qui instruit les garanties d'investissement public. Les acquisitions majeures du groupe
Bolloré, celles qui lui ont permis de constituer un groupe puissant, sont : le contrôle
du groupe SDV (Scac Delmas Vieljeux) grâce au rachat des 17 % que possédait AXA ; la
reprise en 1996 du groupe Saga de son ami Pierre Aïm, alors n° 2 de la manutention
portuaire en Afrique ; le contrôle du groupe Rivaud, une nébuleuse qui comprend la
célèbre « banque du RPR » et un gros porte-feuille de plantations tropicales ; le
rachat à l'ex-monopole français du tabac (la Seita) d'une participation faisant de
Bolloré le numéro un de la cigarette en de nombreux pays d'Afrique.
Avec le rachat du groupe de transport Saga de Pierre Aïm, Bolloré s'est ouvert un
portefeuille de contacts avec les dictateurs africains les moins fréquentables dont le
Congolais Sassou Nguesso et le Tchadien Idriss Déby. Il renforce aussi ses liens avec le
monde des services secrets. Il recourt aux compétences de Jean Heinrich (ex-patron fort
courtisé de la Direction générale des renseignements militaires) et s'associe très
étroitement à Michel Roussin, haut retraité de la DGSE et ancien ministre français de
la Coopération.
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