| Argent, finance, monnaie |
| Spéculation et crises, ca suffit ! |
| La crise financière confirme les analyses et les pronostics
les plus pessimistes. Cest la plus grave crise depuis la seconde guerre mondiale,
dixit Alan Greenspan, ancien président de la FED ! Est-ce étonnant ? Elle est
laboutissement de lévolution du capitalisme vers sa logique la plus pure et
en même temps la plus sauvage : rendre de la valeur aux actionnaires, finalité suprême
de la libéralisation du mouvement des capitaux, de la déréglementation, de la
prolifération des produits financiers, de la titrisation et de la dépolitisation des
banques centrales pour quelles servent mieux les marchés financiers. |
La planète financière, dont la prétendue autonomie par rapport au système
productif ne visait quà dissimuler lextraordinaire retournement du partage de
la richesse produite en faveur du capital, est ramenée sur terre. Pour sêtre
illusionné sur la montée infinie de limmobilier et avoir cru soutenir une
croissance économique, non par la hausse des salaires des pauvres, mais par la magie du
crédit à taux variable qui leur était consenti, le système bancaire américain a
plongé lensemble du système bancaire et financier mondial dans le gouffre, et
peut-être léconomie elle-même, cest-à-dire au bout du compte ceux qui
vivent de leur travail.
Durant vingt-cinq ans, la courbe du chômage a suivi celle des dividendes. Le laminage de
la protection sociale (assurance maladie et retraites) a pour but de drainer une épargne
plus abondante vers des marchés ayant soif de liquidités. Le délitement des droits
sociaux et du droit du travail rend la main duvre plus malléable car plus
insécurisée. Le FMI lavait déclaré : « la retraite par répartition crée trop
de sécurité dans le corps social ». Les patronats nont plus quà pousser
leur avantage : « travailler plus pour moins que rien ». La financiarisation de
léconomie est donc la cause de la dégradation de la condition salariale et aussi
sa conséquence car il faut bien recycler tous ces profits distribués !
Nous disons : ça suffit. Stop à la spéculation, à lasservissement des sociétés
à la finance, à la marchandisation du monde, à la privatisation des profits et à la
collectivisation des pertes. Nous proposons une pétition européenne ouverte à tous les
citoyens, toutes les associations, tous les syndicats et tous les partis pour lesquels la
notion dintérêt général a encore un sens. Nous commençons par exiger
labrogation de larticle 56 du Traité de Lisbonne qui interdit toute
restriction aux mouvements des capitaux. Cest un acte politique à partir duquel
nous voulons montrer que des solutions existent pour retrouver la maîtrise de
lavenir.
Dabord, remettre le système bancaire sous contrôle public, et notamment la Banque
centrale européenne, au service de lactivité utile et de lemploi, car on
voit bien que les banques centrales voguent de Charybde en Scylla : ou bien elles
restreignent le crédit pour juguler linflation et elles cassent léconomie ;
ou bien elles le facilitent, et aussitôt les bulles repartent puisque les fonds
spéculatifs empruntent pour jouer sur leffet de levier et saccaparer les
fleurons de lindustrie.
Ensuite, limiter drastiquement les revenus financiers par une fiscalité suffisamment
élevée pour à la fois dissuader les actionnaires de renforcer en permanence
lexploitation du travail et leur enlever la majeure partie de leur pouvoir dans les
entreprises.
Nous en sommes arrivés à un point où laggravation des inégalités na
dégale que larrogance des puissants, dont la seule conscience est celle de
leur classe. Comme ils nentendront pas spontanément raison, au vu de leurs
déclarations lénifiantes sur la capacité des marchés à sauto-réguler, qui
seraient presque risibles si elles nétaient insultantes pour ceux qui pâtissent de
leurs frasques, la seule voie possible est dordre politique : lintervention
des citoyens est désormais indispensable.
Un collectif d'économiste engagés
Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez réécouter l'émission "Là-bas si j'y
suis" du 27 mars dernier, consacrée à cette question, en vous connectant sur le
site : http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1405&var_mode=recalcul
Plus d'informations et accès à la pétition sur : http://www.stop-finance.org
(Suite au succès de cette initiative le jour de son lancement, les 5.000 premières
signatures ont été perdues. N'hésitez pas à la renouveler (il n'y aura pas de
doublons)
Information à diffuser largement !
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| 05 avril 2008 |
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