De part leur longue tradition en la
matière, l'industrie et les collectivités des pays scandinaves, Finlande, Suède et
Danemark, emploient différents types de combustibles biomasse pour produire chaleur et
électricité dans des chaudières de grande puissance (allant jusqu'à 300 MW). Dans ces
pays le bois-énergie et la paille représentent d'importances ressources énergétiques
locales. Au début des années 1970, la Finlande a développé la technologie de
combustion du lit fluidisé circulant pour biomasse humide, qui permet de brûler de la
biomasse, du charbon, de la tourbe et des déchets dans la même chaudière. Au cours des
dernières années, la technologie de gazéification séparée de biomasse humide a
largement fait ses preuves en Finlande, en Autriche ainsi qu'aux Pays-Bas. Ces unités de
gazéification peuvent être, par exemple, reliées à des chaudières à charbon
pulvérisé. D'autres technologies ont été testées en Finlande et en Allemagne où l'on
a intégré une petite proportion de bois déchiqueté et de sciure au flux de charbon
alimentant des chaudières à charbon pulvérisé.
AFBnet - le réseau européen pour la biomasse, financé en partie par la commission
européenne dans le cadre du programme ALTENER - a audité 21 centrales électriques et
chaufferies en cocombustion en Finlande, Suède, Allemagne, Italie, Autriche, au Danemark
et au Portugal. Toutes ces centrales consomment de la biomasse (bois, paille, déchets des
industries de l'olive et de la vigne, etc.). Certaines centrales en Suède mélangent
plusieurs types de combustibles bois avant la combustion (plaquettes de saules, plaquettes
forestières, granulés de bois, sciure). Pour y parvenir différentes technologies ont
été employées : foyers à grilles mobiles, foyers à lit fluidisé circulant ou encore
la gazéification séparée.
En raison des importantes différences de propriétés physiques et chimiques des
combustibles biomasse (pouvoir calorifique, humidité, granulométrie et densité), il est
nécessaire d'apporter quelques modifications aux systèmes d'alimentation. La meilleure
solution consiste en la construction d'une ligne d'alimentation par combustible. Ces
systèmes de manutention représentent 5 à 10 % de l'ensemble des investissements d'une
centrale. L'usage de charbon ou de tourbe réduit sensiblement les problèmes de
vitrification des cendres, d'obstruction ou de corrosion lors de la combustion de paille
ou de résidus forestiers comportant des aiguilles de résineux. Ces derniers combustibles
peuvent en effet causer des difficultés techniques dans les foyers à lit fluidisé
circulant à cause de leur haute teneur en alcalins (le potassium par exemple). Les
combustibles tels que le charbon ou la tourbe contiennent du soufre et permettent ainsi de
lier les alcalins et d'empêcher ces derniers de détériorer les tubes des échangeurs.
En général une proportion de 5 à 20 % de charbon ou de tourbe est alors indispensable.
En Finlande, la plus grande chaudière à biomasse du monde est en construction (550 MW).
La puissance électrique de cette centrale sera de 240 MW. La vapeur d'eau sous pression
circulera à 194 kg/s, 545°C et 165 bars dans la chaudière à lit fluidisé circulant et
à 179 kg/s, 545°C et 40 bars dans le réchauffeur. Cette centrale sera terminée et
commissionnée à l'automne 2001.
En France, il n'existe pratiquement, dans ce domaine, que des solutions individuelles de
chauffage à bois ou à granulés de bois, ou employant le méthane produit par de la
biomasse en décomposition. Et pourtant, on ne manque pas de ressources forestières. Cela
serait d'ailleurs un bon moyen de valoriser les mètres cubes de bois abattus par la
tempête de l'hiver dernier, et qui sont inutilisables dans l'ameublement ou la
construction.
(source ITEBE, Lons le Saunier). (article retransmis par Alain
Tardif - Biovert) |
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