D'après un sondage IPSOS de septembre 2001, réalisé
auprès de 1013 personnes, 24% des français ont déjà entendu parlé du commerce
équitable, contre seulement 9% en l'an 2000. Cette progression très importante
s'explique notamment par le fait que les grandes surfaces se sont emparées de ce secteur
et qu'une grande campagne de publicité a été réalisée sur les café équitables de
Max Haavelar.
Selon cette même enquête, le développement du commerce équitable est la deuxième
grande action à entreprendre, selon la population française, pour aider au
développement des pays du Sud, après la formation des étudiants de ces pays, et bien
loin devant l'envoi de dons ou d'aide gouvernementale. Ainsi, émerge la conscience du
rôle du consommateur dans l'économie mondiale, lorsqu'il choisit de consommer tel
produit ou tel autre produit issu ou non du commerce équitable.
En conclusion de cette enquête, la plate forme pour le commerce équitable (PFCE) (1),
estime qu'il faut développer la mise en avant des produits équitables, en renforçant
leur identification dans les rayons des magasins. Le Secrétaire d'Etat à l'Economie
Solidaire, Guy Hascoët (2), souhaite développer le commerce équitable, en favorisant la
mise en place d'un label identifiable, apposé sur les produits du commerce équitable.
C'est le souhait également de la plupart des acteurs du commerce équitable, représenté
par Jean Yves le Turdu, président de la PFCE. Mais, souligne ce dernier, il faudra rester
vigilant à ne pas faire d'un label commerce équitable un argument purement commercial au
bénéfice de certains grands distributeurs, qui verraient dans ce nouveau label un moyen
d'attirer de nouveaux clients. Que vaudrait le label commerce équitable s'il était
acheté par une grande surface pour créer sous son nom une gamme du commerce équitable,
alors que cette même grande surface vend également sous son nom des produits dont les
modes de production sont polluants et emploient le travail des enfants ou entraînent la
surexploitation des paysans ou des artisans du Sud ???
D'un autre côté, réserver les produits équitables à certains circuits de
distribution, trop confidentiels, ne risquerait-il pas d'enfermer à tout jamais le
commerce équitable dans une sorte de ghetto économique ??? Les acteurs de la PFCE se
rendent donc compte qu'il est nécessaire de rendre facilement accessible les produits du
commerce équitable, mais que cela doit se faire sans perdre son âme.
Les réseaux de distribution des produits naturels et biologiques en magasin, ainsi que
les réseaux de distribution par internet sont, semble-t-il, les moyens de vente
privilégiés pour les produits du commerce équitable. Les produits labellisés
équitables seront alors bien identifiés et tout à fait accessibles, tout en voisinant
avec des produits dont l'éthique de production seraient proches.
D'ailleurs, beaucoup de produits alimentaires équitables sont biologiques. Nous avons
d'ailleurs pu déguster de merveilleux chocolats au moka, des ananas séchés du Burkina
Faso, du café Max Haavelar biologique, des chips de maïs biologiques. La société
Andines (3) distribue même depuis peu un vinaigre de mangue du Burkina Faso !!! Avec les
produits du commerce équitable, on est assuré de l'exotisme des produits, et de leur
qualité.
Ensuite se pose la question des conditions d'attribution de cet éventuel label. La PFCE a
souhaité peser fortement pour que ce label soit défini en partenariat avec les acteurs
économiques du Sud et du Nord, et non pas défini par une commission purement
gouvernementale.
(1) La PFCE regroupe des acteurs économiques ou associatifs tels que la société
Andines, qui importe des produits alimentaires (souvent biologiques) et artisanaux
d'Amérique Latine, ou Artisans du Monde, et qui rassemble des sympathisants comme
Handicap International. PFCE, 61, rue Victor Hugo, 93500 Pantin, tél/fax :
01-48-91-20-75, email : plate-forme@commercequitable.org,
site web : www.commercequitable.org
(2) Guy Hascoët, membre des Verts. |
(article retransmis par Alain Tardif - Biovert) |
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