L'Atrazine, un pesticide, et toute sa
famille, les triazines, ont été bannis par l'Allemagne en mars 2001, et depuis le 28
septembre 2001 par la France. Cette décision prendra effet le 30 juin 2003. Les textes
précisent hypocritement qu'à cette date, les paysans devront avoir écoulé leurs stocks
car ils n'auront plus le droit de s'en servir. La question demeure : pourquoi
attendons-nous jusqu'au 30 juin 2003 pour que cette décision soit appliquée ?
Puisque notre gouvernement accepte de dénoncer une pollution, ne peut-il immédiatement
interdire au moins la production du produit concerné ? Car dans le texte actuel il n'est
pas fait état d'une interdiction de fabrication des produits concernés. A qui le crime
profite-t-il ?
La famille des triazines est le pesticide le plus employé. Introduits en 1962, ce sont
des produits assez bon marché et simples à utiliser, ils sont employés massivement par
les producteurs de maïs conventionnel qui traitent 80 % de leurs surfaces à l'Atrazine
en attendant le maïs transgénique. La France consomme aujourd'hui 100 000 tonnes de
pesticides, ce qui la place au deuxième rang des utilisateurs mondiaux derrière les
Etats-Unis. Les triazines sont les substances les plus fréquemment rencontrées dans les
nappes d'eau souterraines et dans les eaux de surfaces qui sont polluées à 50 % en
France. Les Bretons ont joué un grand rôle dans cette prise de décision car ils sont
les plus touchés depuis des années. En effet, en Bretagne, comme dans le Sud-Ouest et
l'Ile de France, il est courant de trouver, dans des prélèvements d'eau potable, des
taux de triazine dix fois plus élevés que le seuil autorisé de 0,1 microgramme par
litre.
Peut-être les deux condamnations de la France par le Tribunal européen pour avoir
manqué à ses obligations en matière de qualité de l'eau sont-elles le démarreur de ce
revirement ou de cette prise de conscience ( ?). En tout cas, aux dernières nouvelles, le
Ministère de l'Agriculture doit prochainement interdire un produit cancérigène pour les
viticulteurs très utilisé dans la vigne conventionnelle, l'arsénite de soude. Le projet
de loi sur l'eau en France va instaurer une " taxe azote " pour inciter les
agriculteurs à plus de modération dans l'utilisation des engrais ; mais le programme
européen global de réforme écologique de l'agriculture prévoit d'interdire d'ici 2008
près de 400 produits jugés dangereux pour la santé de l'homme qui avaient été
cependant agréés par la directive de 1991. Au train où vont les choses, je n'ai pas le
temps de me réjouir car je pense désormais à la toxicité future des produits de
substitution de ces intrants chimiques relégués et en particulier aux OGM qui sont
implicitement les sauveurs de cette agriculture en difficulté.
Communiqué de Michel Sommerard . (article retransmis par Biocontact
repris par Biovert) |
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