Le Forum mondial sur la souveraineté alimentaire, qui a eu lieu à La Havane
du 3 au 7 septembre, avait comme principal objectif la préparation du sommet de
l'alimentation de la FAO (novembre 2001) ainsi que celle du nouveau round du Millénaire
de l'OMC. Ce forum a été un franc succès. La déclaration finale propose plus d'une
trentaine de mesures concrètes pour parvenir à ce nouveau concept de souveraineté
alimentaire (déclaration disponible à vicentm@ono.com,
et bientôt en ligne sur : www.apm-monde.com).
Pendant ce forum, une journée a été consacrée au thème privatisation du vivant et
OGM, où Frédéric Prat a présenté en partie le cahier de propositions : "
Société civile et OGM : quelles stratégies internationales ? Cahier de propositions, de
Porto Alegre I à Porto Alegre II ". A l'issue de cette journée a été publiée la
déclaration ci-dessous :
Déclaration finale de l'atelier sur "la
privatisation du vivant et les OGM" du Forum mondial sur la souveraineté alimentaire
à La Havane - Cuba, 6 septembre 2001
Les participants à l'atelier sur " la privatisation du vivant et les OGM " ont
rendu compte des expériences de leurs différents pays, entre autres : Argentine,
Brésil, Chili, Costa-Rica, Cuba, Etats-Unis, Equateur, France, Israël, Mexique,
Nicaragua, Panama, Paraguay, République Dominicaine et Viêt-nam. Ces derniers ont
décidé d'appuyer, de détailler et d'amplifier la déclaration finale de l'atelier sur
les OGM issue du premier Forum social mondial de Porto-Alegre (Brésil) en janvier 2001.
LES PARTICIPANTS EXIGENT :
* La non brevetabilité du vivant et des semences, patrimoine de l'humanité. Nous
proposons, entre autres instruments possibles :
- La création, à court terme, d'un tribunal international sur les brevets.
- La déclaration, à moyen terme, des ressources génétiques, aussi bien végétales
qu'animales, comme patrimoine de l'humanité.
- L'établissement d'un système de protection des ressources génétiques des
communautés indigènes.
* Une recherche publique indépendante qui : - favorise une agriculture
durable,
- approfondisse les impacts des OGM sur la santé et l'environnement tout en respectant
les normes de biosécurité les plus strictes,
- ait la capacité au niveau national de se confronter aux OGM et de contrôler
l'application des lois et des traités de biosécurité.
* La ratification du Protocole de Biosécurité de Carthagène par tous les
gouvernements.Ce protocole, qui devrait légiférer tant sur les semences que sur
les aliments transgéniques, créera un cadre pour : - établir des mécanismes
internationaux de contrôle et des sanctions sur les pays qui ne respectent pas les lois
de biosécurité,
- introduire le principe de responsabilité des producteurs d'OGM,
- introduire le principe de précaution dans les législations nationales,
- établir un étiquetage obligatoire pour tous les types d'aliments transgéniques tant
pour la consommation humaine qu'animale, - garantir l'application de la loi par des
tribunaux.
* Le moratoire immédiat sur la production, la commercialisation et les essais
à champ ouvert, comme premier pas vers une production d'aliments libres d'OGM.
* Le droit à une information complète pour les agriculteurs et les
consommateurs sur tous les aspects liés aux OGM.
- En informant la société civile (consommateurs, agriculteurs, chercheurs,
politiques...) avec des matériels pédagogiques bien argumentés et accessibles à tous,
mettant en avant les thèmes de la santé et de l'environnement, pour obtenir de larges
alliances.
- En créant des comités responsables de la transparence et du débat démocratique,
intégrés par tous les acteurs liés aux OGM.
* Le refus et la condamnation de l'aide alimentaire avec des produits
transgéniques.
* Le refus et l'interdiction de la technologie "Terminator" |
(article retransmis par Biovert copyright Biocontact et
Frédéric Prat. ) |
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